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Eric de GUIBERT (Promo 1990, Toulouse) : "Je crois fondamentalement aux vertus du développement durable"
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Eric de GUIBERT (Promo 1990, Toulouse) travaille depuis plus de dix ans dans le domaine du recyclage. Adepte du développement durable avant l'heure, il nous parle de son parcours professionnel et de son métier au quotidien, d'autant qu'il mène de front son poste de International Key Account Manager & General Manager France pour Duesmann & Hensel recycling et la création de son propre cabinet de conseil.
2AI : Bonjour Eric, vous êtes un ancien de Toulouse, Promo 1990 et vous êtes aujourd'hui International Key Account Manager & General Manager France pour Duesmann & Hensel recycling. Pouvez-vous nous retracer en quelques mots votre parcours professionnel depuis vos années ISEG ?
Eric de Guibert : Après mes études à l’ISEG, je débuté comme Responsable de rayon chez Décathlon en région parisienne. Puis j’ai saisi une opportunité en entrant chez Renault. J’y ai démarré comme commercial dans le secteur des services avec la responsabilité du secteur du grand sud-ouest de la France. Avec mes collègues, nous avons mis en place et développé un service Renault qui se nomme aujourd’hui « Renault Rent ».
Après 4 ans sur le terrain, je suis devenu
Chef de Produit au sein du même service, chargé de concevoir de nouvelles évolutions. Trois ans plus tard, j’ai cherché à explorer un monde nouveau en partant dans un pays qui m’était totalement inconnu (y compris la langue

) : l’Allemagne.
Mon premier emploi de
Chef de Projet Industriel m’a permis de transposer en Allemagne de l’Est un savoir-faire français pour le traitement chimique de piles et batteries dans le but de les recycler.
Après la réalisation de ce projet, je suis devenu Directeur Commercial et Marketing de l’entreprise pour laquelle j’avais mené à terme le projet précédent. Nous produisions et commercialisions des floculants, produits chimiques utilisés par les collectivités locales et les grandes entreprises pour le traitement des eaux usées. Malgré nos succès commerciaux et notre nouvelle place de n°3 allemand, l’entreprise a déposé le bilan.
Je me suis réorienté vers le recyclage des
D.E.E.E. (Déchets d’Equipements Electriques et Electroniques) au sein de l’un des plus gros recycleurs d’Europe et de sa filiale française, V
aldelec (aujourd’hui propriété du
Groupe Paprec Recyclage). J’y occupais la fonction de
Directeur Commercial France et assurais la liaison avec les actionnaires.
Après 10 ans passés dans le recyclage des métaux et en particulier des DEEE, j’ai décidé début 2009 de créer ma propre entreprise de conseil, offrant mes services essentiellement en Europe.
Parallèlement à cela, fin 2009, j’ai débuté une nouvelle activité commerciale dans le recyclage des pots catalytiques, en me concentrant essentiellement sur les marchés allemands et français. Ce sont mes 2 principales activités actuellement.
Désolé, ce n’est pas très court, mais à plus de 40 ans et après avoir beaucoup bougé, c’est difficile de faire plus court. Et j’ai pourtant court-circuité certaines expériences

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2AI : Vous menez de front deux postes, pouvez-vous nous en dire un peu plus ?
Eric de Guibert : Pour les pots catalytiques : dans un premier temps, mon activité professionnelle se limitait à mon poste d’International Key Account Manager en Allemagne. Voyant que mon plus gros marché peinait à évoluer, j’ai décidé d’y investir personnellement plus de temps et d’énergie pour en améliorer les résultats. En accord avec les actionnaires, j’ai donc procédé au licenciement de notre gérant, à une relocalisation de notre entreprise et à une réorganisation importante du personnel et des fonctions. C’est donc la part française de mon job qui occupe aujourd’hui l’essentiel de mon agenda.
Quand le temps me le permet, je me consacre à nouveau à mon poste allemand de manière plus "épisodique".
Quant à mon cabinet-conseil, je lui consacre soirées et une partie de mes week-ends. Beaucoup de problèmes peuvent d’ailleurs être réglés au téléphone et par mail. Il est difficile de gérer de front toutes ces activités ; même si cette dernière n’est pour l’instant pas la plus lucrative, cela reste ma propre réalisation.
2AI : Vous travaillez depuis longtemps dans l'univers du recyclage, un hasard ou une vocation ?
Eric de Guibert : Si j’opère aujourd’hui dans le recyclage, ce fut à l’origine plus par hasard que par vocation. Des opportunités se sont présentées, que j’ai su saisir. Depuis, le recyclage et l’environnement en général sont devenus des crédos dans lesquels je crois fortement, et qui influeront mes choix professionnels à l’avenir.

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2AI : La tendance actuelle est au développement durable, est-ce que cela se répercute-t-il sur votre activité ?
Eric de Guibert : Cette tendance actuelle vers le développement durable est une nécessité que l’on n’a pas le droit de nier (voir Copenhague 2010

). Toutefois, étant du milieu depuis plus d’une décennie, je constate surtout une exploitation à des fins commerciales et politiques, qui ne répond en aucune manière à une nécessité de développement durable, et les actes, lorsqu’ils existent, répondent à des objectifs de médiatisation et de relations publiques..
Pour ma part, je crois fondamentalement aux vertus du développement durable afin de modifier nos comportements, de préserver notre planète et de mieux utiliser les ressources naturelles dont nous disposons. Pour répondre à votre question : oui, cela se répercute véritablement sur mon activité.
2AI : Pourriez-vous nous présenter votre métier au quotidien et nous décrire une journée "type"? Est-ce que vous voyagez beaucoup ?
Eric de Guibert : Aujourd’hui, je passe près de 80% de mon temps en déplacements, hors de mon bureau. Toutefois, avec les moyens de communication dont nous disposons, on peut réaliser tous types de taches indépendamment de l’endroit où l’on se trouve, et avec une grande sécurité.
Les grandes lignes de mon activité quotidienne sont les suivantes :
- Négoce (achat et vente) auprès du LME (London Metal Exchange) de métaux précieux (Palladium, Platine et Rhodium), qui sont contenus dans les pots catalytiques. Activité extrêmement sensible étant donné les montants achetés et vendus (+ 100 K€ / contrat).
- Coordination des opérations test avec les différents processus de la production et logistique.
- Négociations commerciales avec prospects et clients.
- Contrôle de la situation des contrats en cours (échéances, valeurs des analyses, réalisation de pro-formats, fixation des cours des métaux selon l’évolution des Bourses, …)
Pour mon activité "France", s’ajoute à cela :
- Procédures judiciaires internes
- Analyse et présentation aux actionnaires des résultats financiers de la filiale
- Réorganisation de la structure interne
- Délocalisation du site
- Je m’arrête là, cela suffit, je pense

2AI : Cela fait longtemps que vous vivez en Allemagne, êtes-vous un expatrié heureux ?
Eric de Guibert : Cela fait 10 ans que je vis en Allemagne, très heureux !! J’y ai trouvé une qualité de vie saine, humaine et chaleureuse. Originaire de notre beau Sud-Ouest et avec des racines de l’autre côté des Pyrénées, j’ai découvert une culture dans laquelle le dialogue, les concessions et accords, le respect du travail et la rigueur constituent quelques uns des fondamentaux qui m’ont séduit. A cela s’ajoute un environnement culturel, social et familial qui permet de jouir pleinement de la vie. Nous sommes à des années-lumière des clichés que l’on a en France sur ce pays (rigide, froid, triste, …). Les allemands apprécient et respectent d’ailleurs beaucoup plus notre pays que nous le leur.
2AI : Comment vous projetez-vous dans l'avenir ?
Eric de Guibert : L’avenir …. J’ai en ce moment assez peu de temps pour y songer, alors j’apprécie le temps présent !!
Toutefois, je reste à l’écoute de tous les développements dans le monde du recyclage, des changements dans les sociétés que je côtoie et des évolutions politiques. Parallèlement à cela, mon "réseau" demeure en veille afin de pouvoir travailler avec mon propre cabinet-conseil à tout moment.
2AI : Cela fait 20 ans que vous êtes sortis de l'ISEG, gardez vous un souvenir marquant/insolite de vos années ISEG ?
Eric de Guibert : Je garde un très bon souvenir de mon passage à l'ISEG. Nous étions les pionniers d’un cycle (ndlr. GEAI qui s'appelle aujourd'hui SUP - Management International) dans une école très récente dont la réputation restait à construire. Mais nous avons appris à nous "bouger", à être créatifs et entreprenants et, surtout, à développer notre propre personnalité. C’est cela qui aura été mon meilleur diplôme tout au long de ma carrière. Je ne garde pas une image en particulier mais nombre de souvenirs, de bons moments passés entre étudiants, de contacts et enfin de d’enseignants issus du tissu économique qui nous enseignaient la pratique plus que la théorie.
2AI : Qu'attendez-vous de l'association des Anciens ?
Eric de Guibert : Je reconnais avoir trop peu de contacts avec l’Association des Anciens. J’ai gardé contact avec certains de mes anciens camarades, mais pas avec l’Association. Après de multiples tentatives demeurées vaines, j’ai abandonné. Depuis, l’Association s’est considérablement structurée.
Crédit Photo : 1, 2, 3 site web http://www.duerec.com, 4 : Mairie de Babenhausen (site de la Mairie)