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Michael HEUSEL (Promo 2009, Paris) : Le désir d'apprendre et d'aller toujours plus loin
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Michael HEUSEL (Promo 2009, Paris) est un jeune allemand dont la carrière ne s'est pas construite par hasard. Dès ses premières années de stage, il choisit des entreprises et des banques cotées et des missions exigeantes. Sa curiosité et son désir d'apprendre l'ont conduit à son poste d'analyste en fusion & acquisitions à la Berenberg Bank à Hambourg.
2AI : Bonjour Michael, vous êtes un jeune diplômé de Paris, Promo 2009 et vous êtes aujourd'hui Analyste en Fusions & Acquisitions dans la plus vieille banque privée d’Allemagne, Berenberg Bank. Pouvez-vous nous expliquer comment vous avez construit votre cv au cours de vos études pour arriver aujourd'hui à ce poste en Allemagne ?
Michael Heusel : Je savais très tôt que je voulais travailler soit en tant que conseiller soit en tant que banquier. J’ai donc concentré mes stages autour de ces secteurs, le premier s'étant déroulé chez
KPMG à Francfort en Allemagne dans le conseil fiscal. Ce stage m’avait permis d’entrer dans un milieu dynamique et sophistiqué. Je n’avais pas de connaissances en fiscalité, mais je me suis rapidement intégré et j’ai beaucoup travaillé. Ce stage m’a montré qu’on peut réussir dans n’importe quel secteur à condition de travailler dur, de vouloir réussir et de poser les bonnes questions. C’est le désir qui nous pousse plus loin. Sans ce désir nous restons fixés au sol ou reculons.
Lors des stages suivants j’ai toujours recherché une progression, un nouveau défi et de nouvelles opportunités afin d’avancer. Je suis ainsi passé par la
Deutsche Bank au Vietnam (Corporate Banking), la salle de marché de
Dresdner Kleinwort (Assistant Sales) en Allemagne,
Berenberg Bank en Fusions & Acquisitions et
Société Générale CIB, dans la gestion de risques. Ces stages m’ont permis de connaitre le secteur qui me plait le plus et ils m’ont également permis de connaitre de nombreux métiers bancaires et de comprendre mieux les mécanismes financiers.
Ces stages ont toujours été accompagnés d’un travail personnel intensif. Ca veut dire que j’ai essayé de travailler hors des heures de travail afin d’améliorer mes compétences sociales, financières, linguistiques…
Comment est-ce que j’ai réussi à avoir ces stages ? Les cours de finance sont importants, mais plus essentiel encore est le travail personnel, les livres achetés (ou étudiés à la bibliothèque). Un professeur ne peut jamais tout communiquer, il faut donc travailler et approfondir les thèmes qui nous intéressent. Mon étagère est donc remplie de livres de finance, d’économie et de magazines comme
The Economist. L’employeur futur, voyant le désir d’apprendre de la part du candidat, est rapidement convaincu de la valeur ajoutée que ce candidat peut amener. J’ai donc souvent obtenu un stage grâce à ma motivation ou mon désir et moins parce que j’ai été techniquement plus compétent que d’autres.
2AI : Pourriez-vous nous présenter votre banque et votre métier au quotidien ?
Michael Heusel : Berenberg Bank est une banque privée discrète, existant depuis 1590. Sa réputation dans les pays germanophones fait qu’elle a enregistré, malgré la crise, des bénéfices record. Mon secteur, la Fusions & Acquisition cible le small & mid-cap. Nous accompagnons nos clients lors d’achats ou de ventes d’entreprises. Il faut donc parfaitement connaitre l’environnement de l’entreprise (les produits, compétiteurs, acheteurs/vendeurs potentiels, évolution de l’économie, des marchés financiers…), il faut développer plusieurs scénarios d’évolution (best case, worst case, middle case), faire des évaluations de l’entreprise (DCF, Multiples…), contacter vendeurs/acheteurs potentiels etc.

C’est donc un métier très divers qui nécessite de connaissances dans beaucoup de secteurs. Il faut par exemple être compétent pour négocier. Même en tant que conseiller junior, je visite les entreprises et assiste aux réunions. Il faut donc être à l’aise pour les présentations devant un public inconnu, il faut savoir établir une stratégie de négociation et rapidement comprendre les défis (et pouvoir répondre aux questions du management). De même il faut être totalement à l’aise avec la comptabilité du client puisqu’elle influence fortement l’évaluation de celle-ci, c’est souvent très technique.
Le métier au quotidien correspond donc à beaucoup de recherches et à beaucoup de calculs. Les données trouvées lors des recherches sont utilisés pour construire des scénarios et modèles financiers. Ces modèles financiers supportent ensuite notre présentation devant le management ou devant l’investisseur. En fonction de l’avancée du mandat, il faut ensuite travailler dur pour réconcilier les positions du vendeur et de l’acheteur.
2AI : Vos coups de cœur dans ce métier ?
Michael Heusel : La Fusions & Acquisition est un métier clé dans l’économie puisqu’elle permet aux entreprises de vendre une partie de leurs services quand il faut se re-concentrer sur un secteur clé ou se diversifier pour réduire les risques de marché ou pour pénétrer de nouveaux marchés. C’est le côté stratégique qui me plait et apporte tout l’intérêt du travail. C'est à nous d'aider les entreprises à évoluer.

2AI : Parlez-nous un peu de Hambourg, vous vous y plaisez ?
Michael Heusel : Hambourg est une des plus grandes et certainement une des plus belles villes d’Allemagne. Le centre, autour de la Binnenalster, reflète encore aujourd’hui l’ancienne puissance de la flotte marchande et la fierté de l'industrie navale. La ville est dynamique, l’université attire de nombreux jeunes, il y a beaucoup d’activités de nuit et beaucoup d’activités culturelles. Certaines parties de la ville ne dorment jamais. C’est une ville qui plait rapidement.

2AI : Comment vous projetez-vous dans l'avenir ?
Michael Heusel : Je vais rester fidèle au secteur de la "Fusac". Les prochaines années je vais approfondir mes connaissances dans ce secteur, gagner de l’expérience et élargir mon réseau professionnel. En fonction des développements du service, je vais prendre la tête d’une équipe de Fusac dans une filiale à l’international, qui sait, peut être à Paris ?
Plus tard (dans 15 à 20 ans), j’aimerais partager mes expériences avec des étudiants en donnant de séminaires dans des écoles de commerce et créer ma propre entreprise. De plus, j’aimerais reprendre mes activités caritatives, en créant ma propre association pour aider les enfants défavorisés dans le monde.
2AI : Gardez vous un souvenir marquant/insolite de vos années ISEG ?
Michael Heusel : L’ISEG a fortement influencé ma vie, les personnes rencontrées lors de mes études sont devenues de très bons amis. Ces années m’ont permis d’améliorer mon français, de déterminer ma carrière de rêve et de construire ma vie future. Je garde donc en général un bon souvenir, surtout de mon année à San Diego et de mes années à Paris.
2AI : Qu'attendez-vous de l'association des Anciens ?
Michael Heusel : J’aimerais bien que les diplômés puissent profiter du réseau afin de partager connaissances et expériences. Partager les mémoires de fin d’année est par exemple quelque chose que j’aimerais bien voir, parce que, qui sait, un jour un des thèmes traités peut être utile à quelqu’un du réseau. Nous créons ainsi une base de données puissante avec une valeur intellectuelle considérable.
Crédit Photo : 1. Michael Heusel. 2. Dossier de Presse : Berenberg, 3. Article sur la Banque Berenberg paru en octobre 2009 dans la Frankfurter Allgemeine. 4. Hamburg by night.