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David DUPUY (Promo 1993, Bordeaux) : Un Manager high-tech au cœur de la Bavière !
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2AI : Bonjour David, vous êtes Senior Manager Export Sales Channel & Trade Desk Pan Europe chez Ingram Micro Distribution en Allemagne, pouvez-vous retracer pour nous en quelques mots votre parcours après l'ISEG ?
David DUPUY : L´ISEG fût un tremplin pour moi. Dans les semaines qui ont suivi mes résultats, je me suis rendu à Kempten (Allgäu) où j´ai completé mon cursus par un cycle commercial appelé “ Betriebswirtschaft”, m´ouvrant ainsi les portes de certaines entreprises locales- telles que Siemens (service procurement) ou bien la banque Sparkasse (service commercial ) pour des stages de plusieurs mois, obligatoires dans ce cursus. Gagner de l´expérience, tel était le but. Ayant fait usage de tous les reports possibles avant l´exécution du service militaire, et parce que la date fatidique de l´incorporation était atteinte, je me suis efforcé ensuite d´obtenir un VSNE (service volontaire en entreprise à l´étranger). J'ai intégré ST Microelectronic (autrefois SGS-Thomson) à Munich pour la réalisation d'un VSNE de 18 mois alors qu'il n'existait pas à l'époque de recul sur ce type de contrat (aujourd'hui
appellé VIE). Ce fût une expérience sensationnelle. Trois ans plus tard, après un bref passage au sein d´une entreprise américaine spécialisée dans la production de systèmes RAID et cartes SCSI, une opportunité pour intégrer Ingram Micro Distribution se présenta, société pour laquelle je travaille depuis 1998.
2AI : Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur votre entreprise et votre poste actuel ?
David DUPUY : Ingram Micro, société américaine, est le leader mondial de la distribution de

produits informatiques (B to B). L´Allemagne est un pays essentiel au sein du groupe : environ 3 milliards de CA, 40.000 clients, un portfolio de 35.000 références pour une variété de plus de 250 marques venant du monde entier. Nos bureaux sont à Munich, l´entrepôt – 80.000m² - et toute la supply chain à Straubing, près de la frontière tchèque. Ma responsabilité première est celle des ventes export en Europe. D´un point de vue tactique, nous servons certains clients basés dans les pays d´Europe de l´ouest où Ingram dispose d´un office mais ne peut, pour de multiples raisons, répondre à certaines demandes spécifiques. D´un point de vue stratégique, nous servons une multitude de clients dans tous les pays d´Europe de l´Est, voire
EMEA. Je dirige une équipe multiculturelle de vendeurs à Munich mais aussi à l´étranger dans des pays tels que la Pologne, la Grèce et la Norvège. C´est un poste particulier, exigeant et complet. Nous traitons certaines transactions – parfois pour des sommes très importantes – en l´espace de minutes. Nous sommes heureusement épaulés par des services compétents tels que la logistique, les taxes, credit control, accounting, compliance questions etc…
2AI : Comment vivez-vous votre expatriation en Allemagne... êtes-vous devenu bavarois par adoption ;-) ?
David DUPUY : Je n´ai jamais autant apprécié la France que depuis l´expatriation. Mais devenir bavarois, non. Je résiste encore aux pressions dont l´objectif est de me faire acheter le fameux Lederhose (short en cuir traditionnel bavarois). Malgré ces nombreuses années ici, le drapeau tricolore est bien présent dans ma vie et dans mon cœur. Je suis l´information française au plus près, écoute RTL tous les matins en allant travailler, et suis les JTs par internet. La vie ici est toutefois très agréable. La région est splendide, le cadre économique y est également puissant. Cette tradition bavaroise, je la vis au quotidien, grâce à ma femme, qui est, elle, une bavaroise à 100%. De cette union sont nées trois filles qui grandissent avec ce mélange des deux cultures.
2AI : Quels sont vos coups de cœur dans votre vie professionnelle ? Voyagez-vous beaucoup ?
David DUPUY : Oui je voyage assez régulièrement. Certes la liste des pays est très longue, mais il est très difficile, voire impossible, à chaque fois de s´imprégner de la vie locale. Bien qu´il y a eu, je l´avoue, certaines situations très agréables, il s´agit de voyages d´affaires.
2AI : Comment est ce que l'Allemagne aborde la crise économique actuelle ?
David DUPUY : Confiante malgré les disparités. Le déficit et la croissance négative ont été plus fort qu´en France. Cependant le gouvernement avait pris de très bonnes mesures pour limiter les pertes d´emplois. La mesure phare était le « Kurzarbeit : travail à temps partiel. Elle a permis aux entreprises de faire face à la crise. Elle consiste à réduire le temps de travail des employés d´une entreprise pour une durée limitée sans perte de salaire importante. La compensation salariale se fait alors par l´Etat. Cette mesure à évité de faire exploser le chômage. Néanmoins force est de constater qu´il existe de nombreuses disparités entre les états. A l´opposé de la Bavière ou du Baden Würtemberg, où il y a pratiquement une situation de plein emploi, il y a d´autres états tels que la Saxe où le taux de chômage est très élevé. Les gens restent cependant marqués par cette crise, c´est évident. Mais la mentalité allemande est moins « révolutionnaire » que la nôtre. Parfois à raison, parfois à tort. La vérité doit se trouver au milieu.
2AI : Quelles sont d'après vous les principales qualités qu'il faut posséder pour réussir dans un poste de management international ?
David DUPUY : Cela dépend évidement de l´entreprise, du pays et de son activité. Cependant un socle commun existe à mon avis : être ambitieux, curieux, respectueux des différentes cultures, maîtriser la langue locale au minium.
2AI : Avez-vous des projets à court ou moyen terme ?
David DUPUY : Oui beaucoup. Professionnellement, nous allons étendre nos activités en Scandinavie. Sur le plan privé, passer plus de temps avec mes enfants mais aussi perpétuer une autre passion : celle de vendre des vins français. J´ai construit une cave – en photo – où je réalise certaines dégustations avec des groupes de clients. Ma gamme de vins est assez limitée mais complémentaire.
2AI : Un souvenir marquant/insolite de vos années ISEG ?
David DUPUY : Avec un ami de la promo, nous avons démarché des entreprises en Charente pour nous financer une mission au salon d´Hanovre. Nous étions un peu des "cowboys" à l´époque… Mais cela a fonctionné et l´expérience fût très enrichissante.
2AI : Qu'attendez-vous de l'association des anciens ?
David DUPUY : Nouer ou renouer des contacts. Savoir ce qu´ils sont devenus et éventuellement échanger des expériences, des infos.