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Fanny BICHAT (Promo 2003, Strasbourg) : S'expatrier aux USA, c'est possible !
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2AI : Bonjour Fanny, vous occupez actuellement le poste de Business Development Manager au sein de Rhodia dans le New Jersey aux USA. Pouvez-vous nous rappeler en quelques mots votre parcours depuis l'ISEG et comment vous êtes arrivées aux USA ?
Fanny BICHAT : Bonjour les anciens !! J'ai effectué mon stage de fin d'année chez Rhodia à Paris et je voulais absolument partir à l'étranger; l'Asie me tentait vraiment. Rhodia n'avait pas d'offres là-bas à l'époque; par contre j'avais entendu que
Rhodia cherchait un stagiaire pour 6 mois aux US. J'ai tout de suite téléphoné là-bas et c'est ainsi que j'ai négocié mon VIE qui a duré 18 mois !! S'il y a bien une chose que j'ai appris dans le monde professionnel, c'est qu'il ne faut pas attendre que les choses viennent à nous mais qu'il faut les provoquer...! A la suite de mon VIE, j'ai eu plusieurs missions en marketing dans différentes entreprises Rhodia aux US (Madison, WI puis Princeton, NJ) avant d'être recrutée en tant que Six Sigma Black Belt (Project Manager). Puis je suis revenue au marketing avec ce poste de Business Development Manager.
2AI.: Pouvez vous nous parler un peu de votre entreprise et de votre fonction ?
F.B.: Rhodia fabrique des produits chimiques que vous trouvez dans les produits de tous les jours (shampoing, pneu, peinture,...). Je travaille dans la BU (business unit) Home & Personal Care et je suis principalement en charge de la distribution en Amérique du Nord; je forme nos distributeurs afin qu'ils vendent mieux nos produits à leurs clients finaux et je visite des clients avec eux pour promouvoir nos produits. Je suis également en charge d'une gamme de produits et d'un lancement de nouveau produit.

2AI : Comment vivez-vous cette expérience professionnelle aux USA... êtes-vous une expatriée heureuse ... faites vous souvent des aller/retour avec la France ? F.B.: Cela fait déjà six ans que je vis aux US; je crois que je n'y serais pas restée si longtemps si je ne m'y plaisais pas ! Les conditions de vie sont vraiment très agréables; nous n'avons pas beaucoup de vacances (3 semaines par an) mais le rythme de travail est différent, nous finissons plus tôt qu'en France et pouvons avoir une vie après le travail. Il y a énormément d'européens et de français expatriés dans le New Jersey (j'ai même rencontré mon mari ici, il est francais également !) et je crois que je ne connais pas d'expatriés malheureux ! Il y a plein de bons côtés à prendre ici, même si nos familles et amis en France nous manquent beaucoup et que la nourriture n'est en effet pas terrible. J'ai la chance d'avoir pu rentrer en France de temps en temps pour le boulot. Depuis la crise les voyages internationaux sont suspendus mais je rentre pour les vacances. En moyenne je rentre deux fois par an en France.
2AI : Quels sont vos coups de coeur dans votre vie professionnelle ?
F.B. : Ce que j'apprécie le plus dans mon travail ce sont les voyages, rencontrer les clients, découvrir les ambiances et la culture de chaque ville que l'on traverse, les petites habitudes de nos commerciaux, leurs histoires (car ils en ont toujours à raconter !). J'ai pu expérimenter les plages superficielles et les délicieux restos mexicains de Los Angeles (et les embouteillages à n'en plus finir !!), les coins sombres et hyper industrialisés de Detroit ou Cincinnati, les villes bétonnées et sans cowboys de Houston et Dallas (quelle déception !),... J'ai aussi la chance de travailler dans une équipe très internationale, ouverte et hyper sympa, c'est très agréable de travailler avec des gens comme eux.
2AI : Avez-vous des projets à moyen terme ?
F.B.: Oui, je souhaite revenir en France prochainement, en évitant Paris si possible ! J'ai fait le tour de ce que je voulais découvrir aux US, peut être que j'y reviendrai un jour (who knows ?!) mais en attendant j'ai besoin de me poser un peu en France et de faire le plein d'énergie familiale.
2AI : Un conseil pour les jeunes diplômés qui souhaiteraient faire carrière à l'international ?
F.B.: Allez-y ! Ne vous arrêtez pas aux barrières de langue ou paperasse administrative et autres problèmes de visa; il y aura toujours des personnes pour vous dire que c'est quasi impossible de trouver du boulot à l'étranger. C'est faux, tout le monde peut le faire ! Il suffit de bien chercher, d'avoir de la chance et de savoir saisir l'opportunité ou de la provoquer. Une des manières simples pour s’expatrier, c’est de travailler dans une entreprise internationale en France et de demander ensuite une mutation à l’étranger.
2AI : Un souvenir marquant/insolite de vos années ISEG ?
F.B.: Sans hésiter, mon meilleur souvenir reste le 4L Trophy en 2002. Depuis les galères pour trouver les sponsors, jusqu'aux bivouacs Marocains, en passant par des moments forts d'entraide entre co-equipiers, de découverte du Maroc et d'amitiés fortes que j'entretiens encore aujourd'hui.
2AI : Qu'attendez-vous de l'association des anciens ?
F.B.: Peut-être de reconnecter avec certains camarades pour savoir ce qu'ils sont devenus ! Mais surtout de tisser une toile de contacts afin de faciliter les recherches d'emploi.