| Céline LEGRET (Promo 2004, Paris) : L'eau dans tous ses états |
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Céline LEGRET (Promo 2004, Paris) est Acheteur Senior au Canada chez Anderson DEGREMONT TECHNOLOGIES, une PME de 80 personnes spécialiste du traitement de l'eau au sein de Suez Environnement. Dans une longue interview elle nous parle de son métier, sa condition d'expatrié et de ses projets.
2AI : Pourriez-vous nous présenter votre entreprise et votre poste ?
C.L.: Anderson DEGREMONT TECHNOLOGIES est une PME de 80 personnes qui appartient au groupe Degrémont, spécialiste du traitement de l’eau au sein de Suez Environnement. Notre société fournit des systèmes de traitement d’eau à l’industrie, qui coûtent généralement entre 2 et 10 millions de dollars, et qui sont vendus sur plusieurs continents. Il faut savoir que la moitié de l’eau consommée à travers le monde est utilisée par l’industrie, on peut donner comme exemple type l’utilisation d’eau pure que les centrales électriques doivent transformer en vapeur pour produire l’électricité. Les processus industriels exigent de l’eau ultra pure également pour éviter la corrosion et l’accumulation d’impuretés dans leurs équipements. Les industries extraient l’eau
de diverses sources, et chaque source d’eau est différente. C’est pourquoi Anderson adapte le traitement en fonction des éléments contenus dans l’eau. Les ingénieurs sélectionnent et utilisent différentes technologies pour arriver aux résultats désirés. Il y a trois types d’utilisation de l’eau dans l’industrie :
- L’eau pure de procès est utilisée dans les industries du papier, des cartes électroniques, de la pharmacie, l'alimentaire et les boissons.
- La décontamination, qui consiste à purifier l’eau issue des procès industriels, comme dans l’industrie pétrolière. En moyenne, pour un baril de pétrole, 5 barils d’eau sont extraits, qu’il faut nettoyer avant de pouvoir la rejeter dans la nature.
- La réutilisation, qui est fortement encouragée par les gouvernements, afin de minimiser l’impact de la consommation d’eau sur l’environnement (assèchement des rivières). Cela consiste tout simplement à nettoyer et réutiliser l’eau souillée lors du processus de production : une fois purifiée, l’eau est réinjectée dans les nappes pour créer de la pression et faire remonter le pétrole plus facilement dans l’industrie pétrolière par exemple.
Dans cette structure, mon poste vise à se procurer les équipements sélectionnés par l’ingénierie de manière qualitative, économique, et contractuellement sécuritaire. Nous sommes également amenés à régler des litiges et à proposer et/ou participer à des innovations techniques et/ou des méthodes afin de rendre l’organisation plus efficace et remporter plus de succès auprès de nos clients. Etant donné que plus de 60% du prix de vente de nos équipements viennent du coût des composants achetés, il est compréhensible que la compétitivité de l’entreprise passe par un strict contrôle du coût de nos fournitures. La fonction achats est également vitale dans le bon déroulement de la production et de l’ensemble des affaires, de la fiabilité et de la bonne image de l’entreprise.
2AI : Vous êtes-vous bien adaptée à la vie canadienne ?
C.L.: Oui, il très est facile de s’adapter au mode de vie local, étant donné que le pays est en partie bilingue, et que les Canadiens sont un peuple extrêmement accueillant et sympathique. On peut penser que le climat pose problème, mais il suffit de bien s’équiper, et la neige finit toujours par fondre! Les seules difficultés résident dans les 6 heures de décalage horaire avec la France, et à long terme je dois confirmer un stéréotype bien ancré, le manque de gastronomie bien de chez nous...;-)
2AI : Vos coups de cœur dans votre métier et pour votre vie d'expatriée ?
C.L.: Ce qui est à mes yeux le plus excitant dans le métier d’acheteur, c’est de trouver le meilleur partenaire en affaires sur le marché. La phase de négociation est aussi difficile du côté de l’acheteur que de celle du vendeur car un mauvais choix peut avoir des conséquences dramatiques sur l’activité de toute la société! L’acheteur doit savoir jouer de fermeté et de séduction pour s’allier toute la coopération des fournisseurs. Quant à la vie d’expatriée, mon coup de cœur est très certainement le multiculturalisme que l’on trouve ici. La moitié des collaborateurs de mon entreprise est de naissance canadienne, l’autre moitié est d’origine étrangère, comme moi. Environ 20 nationalités sont représentées chez Anderson, cela apporte une grande richesse et une grande ouverture d’esprit.
2AI : Quels sont vos projets à moyen terme ?
C.L.: Je suis passionnée par le milieu de l’environnement, et tout à fait heureuse de travailler dans une équipe aussi chaleureuse et dynamique que celle d’Anderson. Cette société a un formidable potentiel et est amenée à grandir très vite, compte tenu du dynamisme du marché. Je travaille donc, avec toute l’équipe, à améliorer l’organisation, les infrastructures et la politique d'achats pour faire de notre compagnie une marque renommée en Amérique du Nord.
2AI : Un souvenir marquant/insolite de vos années ISEG ?
C.L.: Enormément de souvenirs insolites et marquants! Entre le week-end d’intégration, le cursus d’un mois à Preston, l’intense jeu d’entreprise, et les derniers partiels qui ont été agrémenté d’une bonne blague faite par un certain Nicolas, je ne sais pas quoi choisir et vous décrire !
2AI : Qu'attendez-vous de l'association des anciens ?
C.L.: Il serait sympa que l’association des anciens publie un annuaire ou une newsletter spécial expatriés, et permettent à des gens de se mettre en relation. Etant donné que nous ne pouvons pas nous déplacer aux différentes rencontres, il serait utile de savoir qui est dans la même situation et la même région que nous pour se rencontrer, construire un réseau et peut-être promouvoir l’école au-delà de l’hexagone.